Les Iraniens en France

Dossier d'information · mis à jour le 18 octobre 2026

Les Iraniens en France

Combien sont-ils, où vivent-ils, quels métiers exercent-ils, avec quel statut ? Ce site rassemble les chiffres publics disponibles, chacun suivi de sa source. Il ne vend rien et ne défend aucune thèse.

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L'essentiel

27 500immigrés nés en Iran (2024, provisoire)INSEE
19 365titres de séjour valides détenus par des Iraniens (fin 2025)Eurostat
≈ la moitiédes immigrés nés en Iran ont la nationalité française (estimation de ce site, 2024 ; au moins 58 % en 2019)calcul
65 %des personnes nées en Iran vivant en France ont un diplôme du supérieur (2010-2011)OCDE
62 %vivaient en Île-de-France (1999, dernière donnée détaillée)INSEE via Vahabi
82 %taux synthétique de protection des demandeurs d'asile iraniens (2025, après recours ; 64 % dès l'OFPRA)DGEF

Trois notions à ne pas confondre

Immigré
Personne née étrangère à l'étranger. Elle reste immigrée toute sa vie, même devenue française. C'est la notion de l'INSEE.
Étranger
Personne qui n'a pas la nationalité française, quel que soit son lieu de naissance.
Diaspora
Notion plus large, qui inclut les enfants nés en France. Elle n'est pas mesurée par la statistique publique française : tous les chiffres de « diaspora » sont des estimations.

Combien sont-ils ?

Le nombre d'immigrés nés en Iran a fortement augmenté entre 1975 et 1990, avec l'exil qui a suivi la révolution de 1979 et la guerre Iran-Irak. Il progresse lentement depuis. Le nombre d'étrangers iraniens a baissé de 1990 à 2011-2013 (7 500), car beaucoup ont été naturalisés, puis il remonte depuis 2014 (9 900 en 2019).

Astuce : touchez ou survolez un graphique pour lire les chiffres ; touchez une légende pour masquer ou afficher une série.

Immigrés nés en Iran et étrangers de nationalité iranienne, 1968-2024

Source : INSEE, recensements, séries longues depuis 1968 (immigrés, étrangers) ; 2024 : INSEE, L'essentiel sur les immigrés et les étrangers, estimation avancée de la population, provisoire, non directement comparable aux recensements. Les chiffres de 1990 et de 1999 sont bien identiques (17 100, arrondis à la centaine) : le nombre d'immigrés nés en Iran a stagné pendant ces neuf ans.

Les estimations de la « diaspora »

Hors statistique publique française, les chiffres varient beaucoup selon ce que l'on compte (enfants nés en France, sans-papiers, double nationalité).

SourceChiffreNature
INSEE, recensement 201923 800Officiel : immigrés nés en Iran
ONU DESA, 202026 069Officiel : toutes personnes nées en Iran
INSEE, 2024 (provisoire)27 500Officiel : immigrés nés en Iran

Estimations non officielles (méthode inconnue)

SourceChiffreNature
Ministère iranien des Affaires étrangères, 2020-202190 000Méthode non publiée ; inclut sans doute les descendants
Joshua Project (base missionnaire, via Wikipédia)65 000« Persans », méthode non vérifiable

Aucune source publique ne compte les enfants nés en France de parents iraniens : l'INSEE ne publie pas de chiffre de descendants d'immigrés pour l'Iran, rangé dans le groupe « Moyen-Orient ». Il n'existe pas non plus de chiffre sur les personnes sans titre de séjour, ni sur les minorités (Kurdes, bahaïs, Arméniens, Assyriens, Juifs iraniens).

Sources : INSEE RP 2019 · ONU, International Migrant Stock 2020 · MAE iranien, document « Âmâr-e parâkandegi » (PDF, en persan) · Wikipédia. Le chiffre de 118 300 parfois cité renvoie au même document iranien, qui indique en réalité 90 000.

Hommes et femmes, âge

  • La répartition est presque équilibrée : 12 196 hommes et 11 982 femmes nés en Iran au 1er janvier 2018 (Eurostat).
  • La population vieillit : les plus de 55 ans représentaient 13 % des immigrés nés en Iran en 1990 et 28 % en 2008 (INSEE, cité par Vahabi, 2015).
  • Environ 2 000 immigrés nés en Iran sont arrivés en 2024 (INSEE, flux d'entrées 2024).

Où vivent-ils ?

Attention, chiffres de 1999 : la carte et les tableaux ci-dessous montrent la situation d'il y a 27 ans. L'INSEE publie le nombre d'immigrés nés en Iran pour la France entière (27 500 en 2024), mais plus par département ni par ville : depuis 1999, ses tableaux locaux rangent l'Iran dans « Autres pays d'Asie ». La géographie générale reste probablement proche, mais les chiffres ont changé. Pour des chiffres récents, il faudrait une demande payante à l'INSEE.

Personnes nées en Iran en 1999 : départements d'Île-de-France et principales villes

Source : données INSEE du recensement de 1999 publiées par Nader Vahabi, « La diaspora iranienne en France : profil démographique et socioéconomique », Migrations Société n° 158, 2015. Fond de carte : france-geojson (données IGN/INSEE).

Île-de-France (1999)

DépartementPersonnes nées en Iran

Principales villes (1999)

VillePersonnes nées en Iran

En 1999, 19 566 personnes nées en Iran vivaient dans 97 départements (y compris des Français de naissance : l'INSEE compte 17 100 immigrés nés en Iran cette année-là), dont 12 181 en Île-de-France (62 %). Les 22 villes de plus de 100 Iraniens en réunissaient 9 519. Sans donner de chiffres, les sources plus récentes citent Paris 15e, La Défense, Créteil, la région de Nice, Strasbourg, Toulouse, Caen et Montpellier (Wikipédia).

Métiers et niveau d'études

Limite : l'INSEE ne publie pas les professions des immigrés nés en Iran. Les chiffres de métiers ci-dessous portent sur l'ensemble des personnes nées au Moyen-Orient (hors Turquie). Les personnes nées en Iran représentent environ 18 % de ce groupe (Liban 32 %, Syrie 29 %, Irak 11 % ; INSEE, recensement 2019, calcul de ce site). Ces chiffres ne décrivent donc pas les Iraniens : la forte part de médecins, par exemple, ne peut pas leur être attribuée.

Un niveau d'études très élevé

Part des diplômés du supérieur parmi les personnes nées en Iran, selon le pays où elles vivent (15 ans et plus, 2010-2011)

Source : OCDE, Connecting with Emigrants: A Global Profile of Diasporas 2015, fiche Iran, p. 330-331 (base DIOC 2010/11). PDF · original.

Les métiers du groupe « Moyen-Orient hors Turquie »

Personnes en emploi, 15-64 ans, nées au Moyen-Orient (hors Turquie), 2019 : sélection de métiers et domaines professionnels

Source : INSEE, Immigrés selon le secteur d'activité et le domaine professionnel, RP 2019. Groupe obtenu en retranchant la Turquie du groupe « Turquie, Moyen-Orient » (51 100 personnes en emploi) : calcul de ce site. Les médecins y pèsent environ 10 % des emplois, contre 1,4 % chez les non-immigrés.

Ce que disent les études

  • « Il ne s'agit pas d'une migration de main-d'œuvre » : les premiers arrivés étaient des « exilés du savoir », puis des exilés politiques (Vahabi, 2015).
  • Les profils vont de l'élite urbaine (avocats, journalistes, professeurs, médecins, infirmières, juges, chefs d'entreprise) aux artisans et commerçants (garagistes, entrepreneurs du bâtiment), jusqu'aux manutentionnaires du bâtiment, de la restauration et du déménagement (même source).
  • Beaucoup se tournent vers l'artisanat et le commerce plutôt que le salariat, faute de pouvoir faire reconnaître leurs diplômes et leur expérience en France (même source).
  • Dans l'ensemble des pays de l'OCDE, 30,7 % des diplômés du supérieur nés en Iran occupent un emploi peu ou moyennement qualifié (OCDE, 2015).
  • Pour l'ensemble des réfugiés en France (toutes nationalités), la part des cadres passe de 10 % avant l'exil à 2 % en France. 42 % sont en emploi un an après leur titre de séjour (Ifri, enquête ELIPA 2, 2021).

Ce que mesurent nos voisins (et pas la France)

Les Pays-Bas et l'Allemagne publient l'emploi des Iraniens, ce que la France ne fait pas. Ces chiffres ne décrivent pas la France, mais montrent une tendance européenne : une population plus diplômée que la moyenne, qui travaille pourtant un peu moins, avec un écart qui disparaît à la deuxième génération.

Pays-Bas, 2024 : taux d'emploi des 15-75 ans selon l'origine et le diplôme (%)

Source : CBS (institut statistique néerlandais), tableau 84729NED, 2024 (provisoire). 46 % des personnes d'origine iranienne y sont diplômées du supérieur, contre 34 % de l'ensemble ; 21 % des actifs occupés sont indépendants (17 % pour l'ensemble). C'est le seul tableau européen trouvé qui croise l'Iran, le diplôme et l'emploi.

  • Allemagne : 58,6 % des Iraniens d'âge actif ont un emploi salarié déclaré, autant que les ressortissants de l'UE (58,8 %). 43,3 % des salariés iraniens sont diplômés du supérieur, 11,2 % travaillent dans la santé ; salaire médian à temps plein de 3 528 € brut (IW Köln, « Iranerinnen und Iraner sind gut am deutschen Arbeitsmarkt integriert », mars 2026, d'après l'Agence fédérale pour l'emploi).
  • Médecins : l'OCDE compte 113 médecins d'origine iranienne formés à l'étranger exerçant en France en 2024, contre 1 529 en Allemagne (OCDE, Health workforce migration). Chaque pays transmet ses données selon sa propre définition (pays du diplôme ou nationalité) : la comparaison est indicative. Les médecins nés en Iran mais diplômés en France n'y sont pas comptés.

Les étudiants iraniens

Étudiants iraniens à l'université par discipline (2023-2024)

Source : Campus France, fiche mobilité Iran, novembre 2024.

  • 3 032 étudiants iraniens en France en 2023-2024, en hausse de 35 % en cinq ans.
  • 62 % sont des femmes.
  • 78 % sont à l'université : 52 % en licence, 33 % en master, 16 % en doctorat.
  • La France n'est que la 9e destination des étudiants iraniens, loin derrière la Turquie et l'Allemagne (UNESCO, 2022).
  • Depuis août 2026, l'Iran figure sur la liste des pays fragiles ou en conflit de la Banque mondiale : les étudiants iraniens peuvent demander l'exonération des frais d'inscription réservés aux étudiants non européens. Au moins une demande a été acceptée, à Lyon 2 (Euronews persan, 27 août 2026).
  • La Maison France-Iran, association créée en 2023, a attribué 6 bourses de master en 2023-2024 (Campus France Iran, document en persan).

Source : Campus France, même fiche.

Titre de séjour ou nationalité française ?

En simplifiant, les Iraniens installés en France se répartissent en deux groupes :

  • ceux qui sont restés étrangers et vivent avec un titre de séjour (carte de séjour, carte de résident, statut de réfugié) ;
  • ceux qui sont devenus français. Pour l'Iran, ils restent iraniens (voir plus bas).
Immigrés nés en Iran selon la nationalité (2019, estimation)

Calcul de ce site pour 2019 : 23 800 immigrés nés en Iran (INSEE) moins 9 900 étrangers de nationalité iranienne (INSEE), soit environ 13 900 ayant la nationalité française (≈ 58 %). L'INSEE ne publie pas ce croisement. Deux biais jouent en sens contraire : une partie des 9 900 étrangers iraniens sont nés en France (ils ne sont pas immigrés), et les étrangers nés en Iran d'une autre nationalité (Afghans, Irakiens) sont comptés ici comme Français. Pour 2024, deux estimations, à partir des titres de séjour et des naturalisations, donnent environ la moitié. C'est un ordre de grandeur, pas une mesure.

Acquisitions de la nationalité française par des Iraniens, 2015-2024

Source : Eurostat, migr_acq (ancienne nationalité : Iran). Le chiffre 2025 n'est pas encore publié.

Les titres de séjour

Titres de séjour valides détenus par des ressortissants iraniens au 31 décembre, par motif

Source : Eurostat, migr_resvalid, données transmises par la France (fichier AGDREF). « Autres » : surtout des cartes de résident et des titres de long séjour. Le ministère de l'Intérieur ne publie plus de tableau détaillé pour l'Iran. Rupture de série en 2020 pour la catégorie « réfugiés » (2 118 fin 2019, 3 080 fin 2020).

Explorer une année : répartition des titres de séjour valides par motif

    Premiers titres de séjour délivrés chaque année à des Iraniens, par motif

    Source : Eurostat, migr_resfirst et migr_resoth (détail des « autres motifs »). Les études sont devenues le premier motif d'arrivée. Les titres liés à une protection internationale ont été multipliés par 2,4 entre 2023 et 2025.

    Titres de séjour valides des Iraniens par âge (fin 2025)

    Source : Eurostat, migr_resvalid (par âge). 55 % des titres sont détenus par des femmes (migr_resvas) ; 84 % sont valables 12 mois ou plus. Un détenteur sur cinq a 65 ans ou plus.

    Visas de court séjour demandés au consulat de France en Iran

    Source : Commission européenne, statistiques des visas Schengen (feuille « Data for consulates », Iran). Compté par lieu du consulat : les Iraniens qui demandent un visa à Dubaï ou Istanbul n'y figurent pas. La France est le 1er ou 2e pays Schengen pour les visas demandés en Iran.

    La double nationalité franco-iranienne

    • On ne perd presque jamais la nationalité iranienne. Pour y renoncer, le Code civil iranien (art. 988) exige d'avoir 25 ans, l'accord du Conseil des ministres et la cession de ses biens immobiliers en Iran. Une naturalisation étrangère faite sans cette procédure est considérée comme nulle (art. 989).
    • Un Iranien naturalisé français reste donc iranien pour Téhéran. Il doit entrer en Iran et en sortir avec un passeport iranien. Un homme peut se voir réclamer son service militaire, et une interdiction de sortie du territoire est possible.
    • La France ne peut pas le protéger sur place : l'Iran refuse les visites consulaires aux binationaux. Le ministère des Affaires étrangères déconseille formellement tout voyage en Iran (avis mis à jour le 10 septembre 2026).
    • Pour un réfugié, un voyage en Iran peut coûter sa protection : en 2025, l'OFPRA a prononcé 1 139 fins de protection, toutes nationalités confondues, dont 621 au titre des clauses de cessation, qui visent notamment le fait de se réclamer à nouveau de la protection de son pays.

    Sources : ministère iranien des Affaires étrangères, page consulaire · Conseils aux voyageurs, Iran · retour de Fariba Adelkhah, octobre 2023 · OFPRA, rapport 2025.

    Sans titre de séjour

    Aucun chiffre n'existe. Les seuls indices sont indirects : en 2025, 1 370 obligations de quitter le territoire ont été prononcées contre des Iraniens, mais seulement 100 retours ont été exécutés (Eurostat, migr_eiord et migr_eirtn). Une partie des personnes déboutées reste donc probablement en France, mais ce n'est qu'une déduction.

    La demande d'asile

    Ces chiffres décrivent des moyennes ; ils ne prédisent pas l'issue d'un dossier et ne doivent pas y être utilisés comme argument. Chaque demande est jugée sur le récit et les preuves de la personne. Pour un dossier, s'adresser à La Cimade, à Forum réfugiés, à France terre d'asile ou à un avocat spécialisé en droit d'asile.

    Premières demandes d'asile iraniennes à l'OFPRA et taux de protection en première instance

    Sources : rapports d'activité de l'OFPRA, annexes par nationalité : 2022, 2023, 2024, 2025 (ofpra.gouv.fr).

    • 2023, l'année du mouvement « Femme, Vie, Liberté » : les premières demandes passent de 356 à 612, et le taux de protection de l'OFPRA de 42 % à 71 %. Cette hausse coïncide avec le mouvement (septembre 2022), mais les effectifs sont faibles et une partie des décisions de 2023 porte sur des demandes de 2022. Le taux redescend à 63 % en 2024 et 64 % en 2025.
    • Les femmes sont davantage protégées : 78,3 % de protection en 2025. La Cour nationale du droit d'asile (CNDA) a reconnu le 3 avril 2025 les femmes et jeunes filles iraniennes comme un « groupe social » au sens de la Convention de Genève. Ce n'est pas automatique : chaque récit reste examiné individuellement.
    • Les motifs retenus par l'OFPRA : militantisme (y compris sur les réseaux sociaux), situation des Kurdes, conversion au christianisme, foi bahaïe, orientation sexuelle, refus des normes imposées aux femmes. S'y ajoutent depuis 2025 les accusations de collusion avec Israël.
    • Taux synthétique de protection : 82,4 % en 2025 (DGEF, « Les demandes d'asile en 2025 »). Il combine le taux d'accord de l'OFPRA et les annulations de la CNDA après recours. C'est une estimation de la probabilité qu'une demande examinée aboutisse, pas la part des demandes déposées : les demandes abandonnées ou clôturées n'y sont pas comptées.
    • 5 467 Iraniens étaient protégés par l'OFPRA fin 2025, dont 42 % de femmes.
    • Avant 2022, le taux de reconnaissance en première instance des Iraniens en France était déjà élevé mais variable : 59 % en 2015, 58 % en 2016, 33 % en 2017, 62 % en 2019 (HCR, repris par l'Iranian Refugees' Alliance, fiches annuelles).
    • En janvier 2023, le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a déclaré au Sénat que la France n'expulserait personne vers l'Iran (Radio Farda, 25 janvier 2023). Les retours effectifs restent très rares (100 en 2025 selon Eurostat).
    • Les volumes restent faibles : l'Iran ne pèse que 0,4 % de la demande d'asile en France (40e nationalité en 2025).
    AnnéePremières demandesStatut de réfugiéProtection subsidiaireRejetsTaux OFPRAProtégés fin d'année
    2022356149120442,4 %4 185
    20236123781016070,8 %4 637
    2024500404624262,9 %5 062
    2025475332718864,3 %5 467

    Source : rapports d'activité de l'OFPRA (annexes 2, 3 et 12).

    Premières demandes d'asile iraniennes par sexe, et part de décisions positives

    Source : Eurostat, migr_asyappctza et migr_asydcfsta (valeurs arrondies à 5 par Eurostat). Environ 1 demandeur sur 6 est mineur (avec ses parents : les mineurs isolés iraniens sont 0 à 5 par an).

    Premières demandes d'asile iraniennes par mois : 2026 comparé à 2025

    Source : Eurostat, migr_asyappctzm. De janvier à août 2026 : 490 premières demandes, contre 360 un an plus tôt (+36 %), alors qu'elles baissent de 12 % dans l'ensemble de l'UE.

    Réfugiés iraniens vivant en France et demandeurs d'asile en attente, fin d'année

    Source : HCR, Refugee Data Finder (API, pays d'origine Iran, pays d'asile France). Les réfugiés ont plus que doublé en dix ans (2 417 en 2015, 5 467 en 2025) ; ce chiffre est identique à celui des personnes protégées par l'OFPRA.

    La France parmi les pays européens

    Choisissez un indicateur. La France est en couleur. Les définitions sont les mêmes pour tous les pays (Eurostat, HCR), ce qui permet la comparaison.

    • L'Allemagne accueille de loin le plus d'Iraniens d'Europe : 144 336 personnes de nationalité iranienne au 1er janvier 2025, et 283 454 personnes nées en Iran selon l'ONU (2024).
    • La France est le 3e pays de l'UE pour les titres de séjour détenus par des Iraniens (7,2 % du total en 2025), et le 2e pour les premières demandes d'asile iraniennes en 2025.
    • La France protège bien plus souvent qu'ailleurs en première instance : 64,8 % de décisions positives en 2025, contre 31 % dans l'ensemble de l'UE et 24,8 % en Allemagne.
    • La France naturalise en revanche peu d'Iraniens : 341 en 2024, contre 8 245 en Allemagne.
    • La France ne transmet plus à Eurostat le nombre de ses résidents de nationalité iranienne depuis 2018, et l'ONU ne la détaille plus pour l'Iran depuis 2024 : elle manque donc dans ces comparaisons.
    • Deuxième génération : la Suède compte 87 292 personnes nées en Iran et 48 412 enfants nés en Suède d'au moins un parent né en Iran (SCB, fin 2025) ; les Pays-Bas 65 721 personnes d'origine iranienne, dont 15 075 nées aux Pays-Bas (CBS, 1er janvier 2026). La France ne publie pas ce chiffre.
    • Allemagne : 256 000 personnes venues d'Iran, dont 99 000 déjà naturalisées (Mikrozensus 2024, d'après IW Köln). 28 % des Iraniens qui souhaitent émigrer citent l'Allemagne comme destination préférée ; la France n'apparaît pas dans l'enquête (IAB, juin 2026).

    Chrétiens d'origine iranienne et convertis

    Ces chiffres ne prédisent pas l'issue d'un dossier et ne doivent pas y être utilisés comme argument. Pour une demande d'asile fondée sur une conversion, ce qui compte, ce sont le récit personnel, la sincérité et les preuves (baptême, attestations, vie d'église). Pour un dossier, s'adresser à La Cimade, à Forum réfugiés ou à un avocat spécialisé en droit d'asile.

    Un vide de recherche : aucune étude, aucun recensement et aucune donnée de la Fédération protestante de France ou du CNEF ne portent sur les chrétiens iraniens ou les églises persanophones en France. Le sujet n'est étudié qu'en Allemagne, en Suède et au Royaume-Uni.

    La situation en Iran

    Chrétiens arrêtés et condamnés en Iran

    Source : Article 18, Open Doors, CSW et Middle East Concern, rapport annuel commun Scapegoats (février 2026). Tous les rapports : articleeighteen.com/reports.

    • L'Iran est 10e à l'Index mondial de persécution des chrétiens 2026. Les convertis issus de l'islam sont les plus exposés (Portes Ouvertes, dossier de presse).
    • Le nombre de convertis en Iran est très incertain : 1,5 % de chrétiens déclarés dans l'enquête GAMAAN 2020, échantillon en ligne non aléatoire (rapport) ; 700 000 « au plus bas » selon une question au Sénat (2025) ; entre 720 000 et 1 million selon les estimations récentes retenues par le Home Office britannique (juin 2026).

    L'asile fondé sur la conversion

    • CEDH, Grande Chambre, F.G. c. Suède, 23 mars 2016 : un État qui sait qu'une personne s'est convertie doit évaluer le risque avant de l'expulser vers l'Iran (communiqué).
    • CJUE, C-56/17 Fathi, 4 octobre 2018 : un Iranien converti et la persécution religieuse (résumé).
    • CJUE, C-222/22, 29 février 2024 : une conversion survenue après le départ d'Iran ne peut pas être présumée abusive. Si elle est sincère, il n'y a pas d'abus (commentaire de l'ECLJ · note du HCR).
    • Document de référence en français : OSAR, Iran : menaces pesant sur les personnes chrétiennes converties, 2023 (PDF). Il couvre le droit pénal iranien, le baptême comme « point de non-retour », la surveillance de la diaspora et le risque au retour.
    • Autres références : Home Office, note pays « Christians and Christian converts », juin 2026 · EUAA, Country Guidance Iran 2025, minorités religieuses.

    Le risque au retour : des sources qui se nuancent

    • Le rapport de l'OSAR (2023, ci-dessus) souligne la surveillance de la diaspora. L'agence européenne de l'asile confirme que des informateurs en Occident renseignent les services iraniens, mais note qu'à l'aéroport on interroge rarement sur la religion (EUAA, réponse COI Q54, août 2024).
    • Le service danois de l'immigration juge les poursuites contre les convertis renvoyés « rares » sans preuve concrète ; le risque vise surtout les personnes visibles. Il cite un Iranien arrêté à son retour pour une photo de lui devant une église publiée en ligne (rapport COI, décembre 2025).

    Pour un pasteur qui accompagne une demande

    Trouver une église en persan

    Aucun annuaire fiable des églises persanophones en France n'existe en ligne : les listes trouvées sont anciennes ou invérifiables, et ce site ne publie donc aucune adresse. Quelques églises françaises de langue persane ont signé la déclaration commune d'Article 18 (septembre 2023). Le plus sûr reste le bouche-à-oreille et les réseaux de pasteurs. Ressources en persan : rapports annuels d'Article 18 en persan, SAT-7 Pars, Elam Ministries, Pars Theological Centre.

    Ce qu'on observe ailleurs en Europe

    Débat sur les chiffres

    Pour tester la solidité de ce dossier, deux relecteurs ont débattu par écrit. Le premier, « le Sceptique », a cherché toutes les failles. Le second, « le Statisticien », a revérifié chaque point dans les sources et a défendu ou corrigé. Un troisième relecteur a revérifié indépendamment tous les chiffres. Les corrections qui en sont sorties ont été appliquées sur ce site.

    Les principaux points discutés

    ObjectionConclusion
    « 58 % sont devenus français » est périmé.Vrai pour 2019 (et c'est un minimum). Pour 2024, la réponse est « environ la moitié », une estimation de ce site. L'hypothèse « un tiers » était fausse : le fichier des titres de séjour compte plus de titres que d'étrangers recensés.
    La carte de 1999 ne colle pas avec la série de l'INSEE.Les deux sont justes : 17 100 immigrés, 19 566 personnes nées en Iran (Français de naissance compris). Le libellé de la carte a été corrigé.
    « 82 % des demandes aboutissent » est mal dit.C'est un taux synthétique : probabilité qu'une demande examinée aboutisse, recours compris. 64 % dès l'OFPRA. Formulation corrigée.
    Parler d'« effet Femme, Vie, Liberté » est abusif.Accord : la hausse de 2023 coïncide avec le mouvement, sur environ 500 dossiers par an. Formulation corrigée.
    Les métiers ne décrivent pas les Iraniens.Accord : les personnes nées en Iran ne font que 18 % du groupe « Moyen-Orient ». Avertissement renforcé.
    Les estimations de 90 000 et 65 000 sont mises au même niveau que l'INSEE.Accord : elles sont maintenant dans un tableau à part.
    Ces taux peuvent être mal utilisés dans un dossier d'asile.Accord total : un avertissement a été ajouté dans les sections Asile et Chrétiens.

    Ce qu'on peut affirmer avec confiance

    • Environ 27 500 immigrés nés en Iran en 2024 (INSEE, provisoire), contre 23 800 en 2019 : une petite population, qui augmente lentement.
    • Forte hausse de 1975 à 1990 (de 3 400 à 17 100), stagnation jusqu'en 1999, puis reprise lente.
    • En 2019, au moins 58 % des immigrés nés en Iran avaient la nationalité française.
    • Depuis 2022, les études sont le premier motif des premiers titres de séjour ; 3 032 étudiants iraniens en 2023-2024, dont 62 % de femmes.
    • Asile 2025 : 475 premières demandes, 64,3 % de protection à l'OFPRA, 82,4 % après recours ; 5 467 Iraniens protégés fin 2025.
    • Une migration très diplômée : 65 % de diplômés du supérieur (2010-2011).
    • En 1999, 62 % des personnes nées en Iran vivaient en Île-de-France.
    • Les binationaux restent iraniens pour Téhéran.

    Ce qui reste incertain

    • La part des immigrés nés en Iran ayant aujourd'hui la nationalité française : « environ la moitié » est une estimation.
    • Le nombre d'étrangers iraniens depuis 2019 : les titres de séjour (19 365 fin 2025) le surestiment.
    • La géographie actuelle : rien par département ou par ville depuis 1999.
    • Les métiers, l'emploi et le chômage des personnes nées en Iran.
    • La deuxième génération, les sans-papiers, les Iraniens nés hors d'Iran, les non-Iraniens nés en Iran (Afghans), les minorités.
    • La « diaspora » (65 000 à 90 000) : méthodes inconnues.
    • Les causes de la hausse des demandes d'asile en 2023.
    • Le nombre de chrétiens ou de convertis iraniens en France.

    Ce qu'il ne faut pas faire avec ces chiffres

    • Les utiliser pour prédire l'issue d'un dossier d'asile, ou les citer comme argument devant l'OFPRA ou la CNDA.
    • Écrire « Iraniens » quand la source dit « nés en Iran », ou « immigrés » quand elle dit « personnes nées en Iran ».
    • Comparer directement les 27 500 de 2024 aux recensements précédents.
    • Soustraire des titres de séjour d'un chiffre du recensement.
    • Attribuer aux Iraniens les chiffres du groupe « Moyen-Orient » (par exemple les médecins).
    • Présenter les chiffres de 1999 ou de 2010-2011 comme une photographie actuelle.
    • Mettre les 90 000 ou 65 000 sur le même plan que les chiffres de l'INSEE.
    • Afficher une estimation avec une précision qu'elle n'a pas.

    Point resté ouvert : la définition exacte utilisée par Nader Vahabi pour les chiffres de 1999 n'a pas pu être relue (article payant). Les deux relecteurs ont relevé que, pour une population d'environ 500 demandes d'asile par an, un écart de quelques points d'une année sur l'autre n'a pas de signification particulière.

    Ressources pour accompagner

    Démarches

    • Asile : enregistrement en préfecture (GUDA), dossier à l'OFPRA, puis recours éventuel devant la CNDA. Une fois protégée, la personne reçoit ses actes d'état civil de l'OFPRA, sans passer par les autorités iraniennes.
    • Titres de séjour : ANEF, la plateforme en ligne du ministère de l'Intérieur.
    • Naturalisation : conditions plus strictes depuis la circulaire du 2 mai 2025 (service-public.fr). Il faut prévenir la personne qu'elle ne perdra pas la nationalité iranienne.
    • Guide pratique : GISTI, « kit préfets », août 2025.

    Associations

    • Aide juridique et sociale : La Cimade, GISTI, France terre d'asile, Forum réfugiés, Comede (santé).
    • Droits humains en Iran : LDDHI (Ligue pour la défense des droits de l'homme en Iran, Paris, 1983).
    • Culture et entraide : Association franco-persane de la Route de la Soie (Paris 15e), centre culturel Pouya (Paris), Institut kurde de Paris.
    • Églises : Iranian European Church Network, un réseau de responsables d'églises iraniennes en Europe.

    Documents à télécharger

    Copies des rapports publics utilisés, pour les consulter hors ligne. Chaque document reste la propriété de son éditeur. Le lien « original » renvoie à sa source.

      Toutes les sources

      Statistiques officielles

      1. INSEE, Immigrés par pays de naissance détaillé, recensement 2019 (publié en 2022) et Étrangers par nationalité détaillée.
      2. INSEE, séries longues depuis 1968 : immigrés, étrangers.
      3. INSEE, L'essentiel sur… les immigrés et les étrangers, 25 juin 2026.
      4. INSEE, Estimations des flux d'entrées d'immigrés en 2024, 4 juin 2026.
      5. INSEE, Immigrés selon le secteur d'activité et le domaine professionnel, RP 2019.
      6. Eurostat : migr_resvalid (titres valides), migr_resfirst (premiers titres), migr_acq (nationalité), migr_asyappctza (asile), migr_pop3ctb (population par pays de naissance), migr_eiord et migr_eirtn (éloignements).
      7. OFPRA, rapports d'activité 2022, 2023, 2024, 2025.
      8. Ministère de l'Intérieur (DGEF), Chiffres clés de l'immigration et Les demandes d'asile en 2025.
      9. ONU DESA, International Migrant Stock 2020.
      10. OCDE, Connecting with Emigrants: A Global Profile of Diasporas 2015, fiche Iran p. 330-331.
      11. OCDE, A global profile of emigrants to OECD countries, Working Paper n° 239, 2020.
      12. Campus France, Fiche mobilité Iran, novembre 2024.
      13. Ministère iranien des Affaires étrangères, statistiques de répartition des Iraniens à l'étranger, année 1399 (2020-2021), en persan.
      14. Ministère de l'Europe et des Affaires étrangères, Conseils aux voyageurs : Iran.

      Études et ouvrages sur les Iraniens en France

      1. Nader Vahabi, « La diaspora iranienne en France : profil démographique et socioéconomique », Migrations Société n° 158, 2015.
      2. Nader Vahabi (dir.), L'exil iranien, diversité d'un phénomène, Orizons, 2023 (extrait).
      3. Nader Vahabi, Sociologie d'une mémoire déchirée : le cas des exilés iraniens, 2008 ; « La construction sociologique de la carrière migratoire », Migrations Société, 2013.
      4. Vida Nassehi-Behnam, « Diaspora iranienne en France : changement et continuité », CEMOTI n° 30, 2000.
      5. Amin Moghadam et Serge Weber, « Les Iraniens à l'étranger, une composante de la société iranienne », Hommes & Migrations n° 1312, 2015 (numéro « Diasporas iraniennes »).
      6. Shahnaz Salami, écrivains et poètes iraniens en France et en Allemagne, Hommes & Migrations n° 1312, 2015.
      7. Tahereh Khazaei, De l'individualité familiale à l'identification composite, thèse, Bordeaux, 2018.
      8. H. E. Chehabi et A. Sayadabdi, An International Bibliography of the Iranian Diaspora, 2024.
      9. Ifri, L'emploi des réfugiés demeure précaire et instable (enquête ELIPA 2), 2021.

      Chrétiens iraniens, conversion et asile

      1. Article 18, Open Doors, CSW, Middle East Concern, Scapegoats, février 2026.
      2. Portes Ouvertes, Index mondial de persécution des chrétiens 2026, dossier de presse ; dossier pays Iran.
      3. OSAR, Iran : menaces pesant sur les personnes chrétiennes converties, 23 novembre 2023.
      4. Home Office, Country Policy and Information Note: Christians and Christian converts, Iran, juin 2026.
      5. EUAA, Country Guidance Iran 2025 : minorités religieuses ; réponse COI Q55, août 2024.
      6. CEDH, F.G. c. Suède, 23 mars 2016 ; CJUE, C-56/17 Fathi, 2018 ; CJUE, C-222/22, 2024 (ECLJ).
      7. Ammar Maleki et Pooyan Tamimi Arab, enquête GAMAAN sur les attitudes religieuses en Iran, 2020.
      8. Susanne Stadlbauer, « Between Secrecy and Transparency », Entangled Religions 8, 2019.
      9. Ebru Öztürk, « Finding a new home through conversion », Religion, State & Society 50(2), 2022.

      Sources dans d'autres langues

      1. En persan : Tahereh Khazaei, « Les hétérogénéités divergentes de l'émigration iranienne : le cas des Iraniens de France », revue de sciences sociales de l'université Allameh Tabataba'i, vol. 27, n° 88, 2020 (doi) ; Hossein Mirzaei, « Origines et intégration socioculturelle des immigrés iraniens en France », même revue, 2020 (article).
      2. En persan : Asriran, la France 12e pays au monde pour les personnes nées en Iran (ONU 2019), 2020 ; Radio Farda, rapport du Conseil des Iraniens de l'étranger, 2021 ; Radio Farda, la France n'expulsera pas vers l'Iran, 2023 ; Euronews persan, frais d'inscription des étudiants iraniens, 2026.
      3. Iranian Refugees' Alliance, fiches statistiques annuelles sur les réfugiés iraniens (d'après le HCR), en persan et en anglais.
      4. En néerlandais : CBS, tableaux 84729NED (emploi et diplôme par origine), 85384NED (population par origine).
      5. En suédois : SCB, Statistikdatabasen, tableaux TAB6642 (nés en Iran) et TAB6772 (deuxième génération).
      6. En allemand : Wido Geis-Thöne, « Iranerinnen und Iraner sind gut am deutschen Arbeitsmarkt integriert », IW Köln, 2026 ; bpb, « Die iranische Diaspora in Deutschland und der Welt » ; IAB-Forum, intentions de migration des Iraniens, 2026 ; BAMF, Muslimisches Leben in Deutschland 2020 (44 % des personnes d'origine iranienne se disent sans religion).
      7. En anglais et en danois : Danish Immigration Service, Iran: return following sur place activities, 2025 ; EUAA, COI Query Q54, 2024 ; OCDE, Health workforce migration.

      Méthode

      Les chiffres ont été relevés le 18 octobre 2026 dans les sources ci-dessus, par interrogation directe des bases Eurostat et lecture des annexes des rapports. Aucun chiffre n'a été inventé. Quand une donnée n'existe pas, la page le dit. Les calculs propres à ce site (part des naturalisés, groupe « Moyen-Orient hors Turquie ») sont signalés comme tels. Données manquantes à ce jour : descendants d'immigrés nés en Iran, nombre d'étrangers iraniens depuis 2019, nationalité des personnes nées en Iran, répartition par département après 1999, catégories socioprofessionnelles propres aux Iraniens, taux d'emploi et de chômage en France, nombre d'églises persanophones.

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